Mon coeur est à Papa

Moi, (puisque c’est de cette personne dont il va s’agir aujourd’hui) petite Aurélie si gentille et mignonne et parfaite et tout et tout, me suis encore pris dans la tête pas plus tard qu’hier soir, sans avoir rien demandé à personne : « C’est bizarre quand même qu’une jolie fille comme toi soit toujours célibataire ! » Et vlan ! Et moi, comme d’habitude alors que cette phrase assassine me revient de temps à autres aux oreilles (oui, des gens trouvent anormal que je sois célibataire alors que je suis l’incarnation même de la Vénus de Botticelli, cellulite comprise) n’ai pas su réponde autre chose que « C’est la vie ! » ou tout autre banalité de ce genre… Des fois, d’humeur clownesque, il m’arrive de répondre une blague du genre : « Faut croire que je suis tarte ». Ce qui en plus de ne pas être complètement faux, rend mes interlocuteurs à l’hypocrisie sans faille, compatissants à ma douleur qu’ils suspectent, plus qu’ils ne la constatent, prennant la phrase au premier degré et en profitant pour me rassurer en en rajoutant une couche et me disant : « Mais non, pourtant, t’es super intelligente en plus. »

En dépit du fait que cette pouffiasse de Sainte Catherine (on la fête donc le 25/11, sa biographie est ici, c’est assez flippant je dois dire) que je suis sensé prier cette année pour trouver un mari (et oui, j’ai fêté mes 25 printemps cette année) ai décidé que pas être casé à 25 ans relevait d’une catastrophe digne du 11 septembre, je vis mon célibat plutôt bien même si il en est que ça étonne… Je ne suis pas ce qu’on appelle de ces « célibattantes », bien que je pourrais… Je me qualifierais plutôt d’« unigame » (mot du jour, bonjour). Ni polygame (plusieurs partenaires donc) ou monogame (un seul). Non, Unigame : partenaire de soi-même, ce qui relève déjà du beau challenge… Parce que, être en accord avec soi est déjà un gros boulot… Enfin, je parle pour mon cas et je peux vous dire, ma p’tite dame, que c’est loin d’être du tout cuit…

Vu que je ne suis pas non plus du genre à me pâmer sur une robe de mariée, ou encore les charmants bambins de mes voisins qui ne manquent pas de me réveiller gentiment par leurs cris le samedi matin, il est vrai que ma quête du partenaire sexuel idéal, futur père potentiel de mes enfants donc a priori complément de mon système immunitaire défaillant, n’est pas des plus assidus. Je dois même avouer qu’en la matière, je suis désespérément nulle… Pour une très simple raison : j’en n’ai profondément rien à carrer…

J’ai effectivement tendance à :

rater le sosie de Brad Pitt qui est passé juste à côté de moi alors que mes copines –casées de préférence- n’ont pas manqué de le voir.

porter un parfum qui répond au doux nom de « attrape-blaireau » puisque si on me met dans 1 soirée où il y a mettons 20 voire 30 personnes et que sur tout ce monde là, il y ait 1 seul blaireau… Il est pour moi (non papa, je ne parle pas du blaireau qu’il y a dans ta salle de bain, ni de l’animal qui pue mais d’un mec lourd, un blaireau quoi)…

considérer les partenaires et ex-partenaires de mes copines comme des personnes assexuées, ce qui a priori m’a privé de certaines bonnes opportunités…

être attiré par ceux qui travaillent dur du chapeau…

Et je pourrais continuer comme ça longtemps… Je n’ai manifestement pas ce que c’est que d’avoir des antennes, oreilles ou yeux suffisament entraînés ou efficaces pour me permettre de repérer de manière précise une personne potentiellement capable de me rendre heureuse… Il est vrai également que mes histoires précédentes et surtout les plus récentes ont un pouvoir de dissuasion sur mon besoin affectif extrêment puissant…

Mais puisqu’à en croire le discours de mes semblables (Cf ci-dessus), ce n’est manifestement pas normal d’aimer la solitude… La preuve, lorsque l’on google (j’adore ce nouveau verbe) le terme “célibataire”, la page sur laquelle on arrive est couverte de lien vers des clubs de rencontre en tout genre… En ce qui me concerne, je prefère partir du vieil adage bien connu : “Charité bien ordonnée, commence pas soi-même”. Heureuse? Je le suis déjà et n’est nullement besoin de quelqu’un pour s’occuper de mon bonheur à ma place…

“Le mariage est une merveilleuse institution, qui sert à partager à deux les problèmes qu’on n’aurait jamais eus si on était resté seul.”  (Sacha Guitry)