Back to the future



Un jour, tu m’as demandé si je voulais me marier. Ca m’avait paru bizarre à l’époque. Je ne suis pas le genre d’oiseau que l’on met en cage. Je t’avais dit non. Tu n’avais pas compris. Je pensais pourtant qu’après tout ce temps, tu me connaissais suffisamment pour éviter ce genre d’impair. Je m’étais trompée. Tu étais déçu et moi aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.
Je t’ai revu il n’y a pas longtemps avec celle qui est devenu ta femme et la tête blonde que vous avez fabriqué ensemble. Elle a manifestement été plus conciliante que moi sur la question. Je ne sais toujours pas lequel s’est trouvé le plus embarrassé des deux. Ca m’a fait bizarre et m’a rendu étrangement nostalgique. Non pas que je regrette. Nous sommes l’un et l’autre restés fidèles à nous même, au propre comme au figuré : je ne t’ai pas trahi, je ne me suis pas mariée ; tu as finalement trouvé la personne parfaite pour accomplir des projets dont je ne voulais pas entendre parler - j’étais finalement juste une erreur de casting.
Mais elle n’avait pas l’air de le savoir. Alors on s’est menti, sur la façon dont on s’était rencontré, sur notre amitié inexistante, sur les nouvelles que l’on ne s’est jamais donné. On s’est dit au revoir en se disant à bientôt, ça avait un goût de déjà-vu et sonnait comme un disque rayé. J’aime toujours mieux être à ma place qu’à la tienne et tu te dis sans doute la même chose.
On ne devrait jamais se servir de feuilles déchirées comme marque-page.