Aux grands mots...

Entourée de britanniques, je dois avouer que la langue de Shakespeare m’influence au quotidien et croyez-moi c’est loin d’être chose facile… En particulier lors de la rentrée au bercail familial où je me fais allègrement traitée de “Jean-Claude” (Van Damme pour les initiés…)… Bref, la vie à l’étranger a du bon… Et du moins bon…

La première fois que je suis venue à Londres, je dois avouer avoir été la première à me marrer en entendant Steph me dire : “On va crosser la street”… Il est vrai qu’ayant désormais le statut d’expatriée aussi, ce genre de conversation que seuls les gens vivant en terre anglo-saxonne peuvent comprendre me paraît naturel… Au point même que ma mère me dit maintenant, au téléphone comme sur msn : “T’es busy ?” Preuve que le Jean-Claude Vandammisme n’a pas de frontières… Mais est contagieux… Attention mes chers compatriotes…! La Jean-Claude Vandammite aiguë pourrait bien vous atteindre sous peu ! 

Aussi, repoussant les limites de la bienséance, je suis allée vérifier à quel degré et de quelle rive de la Manche certains mots aux consonnances communes pouvaient bien venir… Je n’ai malheureusement pas les noms de ces braves inconscients ayant permis de faire de la langue de Molière, une langue encore vivante… Mais merci à eux et pour une fois, reconnaissons à nos chers voisins le droit de revendiquer certains termes savants dont j’avoue être la première à avoir penser qu’ils sentaient bon le camembert. En voici la liste clairement recensée par l’Académie elle-même, établissant une liste commençant même avant 1700 :

Les emprunts à l’anglais sont un phénomène ancien. Pour en donner quelques exemples :

Avant 1700 : ajourner, boulingrin, contredanse, coroner, gentleman, gentry, groom, highlander, lord, lord-maire, yard ;

— Entre 1700 et 1800 : anesthésie, bagage, balbuzard, gin, méthodisme, stick, yeoman ;

— entre 1800 et 1850 : autobiographie, bas-bleu, bifteck, cold-cream, job, mess, silicium, sinécure, speech, steamboat ;

— entre 1850 et 1900 : base-ball, building, goal, lift, lunch, spinnaker, tea gown, tea-room, visualiser ;

— entre 1900 et 1920 : autocar, chewing-gum, jingoïsme, périscope, technicolor, vamp, vitamine ;

—entre 1920 et 1940 : bulldozer, mescaline, méson, silent-bloc ;

— entre 1940 et 1960 : battle-dress, half-track, jet, off-shore, oscar, permafrost, sexy, show, station service ;

— Après 1960 : airbus, audit, crackers, hardware, permissif, shopping center, software, teddy-bear, vanity-case.

Source: http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#anglicismes

J’avoue qu’il y a dans cette liste figure un bon nombre de terme dont l’emploi courant est discutable mais bon… 

Pour ma part, je ne désespère pas de pouvoir inclure dans le Oxford (équivalent Brit’ du Bobby) un jour, ma petite touche de Frenchism, voire Aurélism si je suis en forme- un petit mot français, ou mieux, un petit mot de ma composition… J’ai d’ailleurs déjà commencer cette besogne dans le dernier post de la version anglaise de ce blog…

Parce qu’il est vrai qu’il m’arrive encore fréquemment -sous couvert d’une culture et langue relativement proche- de prononcer un mot français à l’anglaise pour voir si ça marche dans le contexte. Mais comme disait Garcimore : “Des fois ça marse, des fois ça marse pas… “

” Le dictionnaire est une machine à rêver.” - (Roland Barthes)