Allons Enfants !

Alors je sais pas trop quelle tête ça a, vue de la France, qu’elle soit d’en-bas ou d’en-haut, mais moi je peux vous dire que la France, vue d’Angleterre, c’est pas joli joli… Je parle du paysage politique bien entendu (encore que paysage me semble être une bien douce expression, comparée à ce qui va suivre)…

Pour rafraîchir un peu les mémoires, le 5 mai 2002, jour de mes 21 ans, ce n’est pas sans un certain mal de fesses (pour ne pas dire autre chose) que pour récupérer les conneries d’une gauche plus à droite que la droite elle-même, j’avais du glisser un bulletin portant le nom de Jacques Chirac pour faire preuve de mon patriotisme et éviter à mon pays par le biais du sacro-saint bulletin de vote -pouvoir du peuple (mon c..)- échapper à la guerre civile…

Le patriotisme en règle générale je dois bien avouer que j’en ai rien à carrer et que en dépit de mon passeport français, je ne me sens effectivement française que parce que j’ai l’avantage de parler une langue que tout le monde ne comprend pas là où j’habite… Fair enough!

Enfin tout de même, c’est assez intéressant de voir à quel point on peut faire preuve de clairvoyance lorsque l’on voit ça de loin… Un de mes potes était donc à Montréal en 2002 et m’avait dit avoir vu le truc venir mais gros comme une maison… Alors que nous pauvres petites têtes étourdis par force de débats et autres interviews de Claire Chazal, on a laissé entrer le loup dans la bergerie, sans même avoir vu qu’on avait laissé la porte ouverte…

Donc pour vous donner un aperçu de ce que je vois d’ici, c’est que la France, elle a beau se vouloir avant-gardiste j’en passe et des meilleures (pour ceux qui croit encore que c’est la patrie des droits de l’homme, il faudrait revoir un peu vos cours d’histoire les enfants), le siècle des Lumières est révolu depuis longtemps, pour laisser place à des lumières beaucoup moins reluisantes que sont les étincelles de l’oeil de verre d’un certain Jean-Marie (dont la popularité ne descend pas, à mon grand désespoir). Dans une nation où l’on est obligé de pondre des quotas pour voir la gente féminine représentée dans les institutions de la République, et où régne fourberie et coup-bas, verra-t-on Ségolène relever le niveau en affirmant clairement une certaine lucidité lui permettant de prendre les meilleures idées de ces petites camarades qu’elle a battu à plates coutures, il faut bien l’admettre ? L’intelligence a ses limites, d’autant plus rapprochées que l’extension du domaine de la connerie est en marche. Bref, j’en doute.

Parce que le but de la maneouvre pour la gauche, serait peut-être aussi de se rappeler un peu ses fondements et sa raison d’être. Et aussi les raisons pour lesquelles les élections de 2002 se sont soldées par un désastre. Parce que n’oublions pas camarade, que la réforme proposée par le PS en 2002 pour appâter la jeunesse était quand même de faire passer la majorité à 17 ans (sic). Il m’avait quand même sembler à l’époque -et sans doute n’étais-je pas la seule- que c’était un peu léger comme argument et que la jeunesse méritait mieux que ça. D’autant plus que c’est quand même cette même jeunesse qui a défilé par la suite dans les rues pour défendre les valeurs de sa République décadente. En criant haro sur le baudet… Le résultat que l’on peut voir aujourd’hui, est sans doute que l’on avait pas crié sur le bon… Parce que pour autant que je sache, le programme de la gauche est encore très loin d’être… De gauche… Et qu’il a pour le coup été un peu facile également de baser les élections “primaires” sur des sujets qui ne font que faire écho à la cause pour laquelle le p’tit Nicolas ne cesse de s’auto-congratuler… Et que cet avant-goût de campagne n’a au final aborder que très superficiellement les vrais problèmes de français que constitue (encore !) le chômage…

En tous les cas, si jamais elle devient Présidente, moi je n’attend de voir qu’une seule chose : Est-ce que François Hollande -premier Homme ou Monsieur de France- sera capable de coiffer au poteau Bernadette Chirac et sa garde-robe…? Affaire à suivre.

“Je n’aime pas ma patrie, moi, j’aime la France, ça n’a aucun rapport.” (Georges Brassens)