Encore une fois

En pleine période électorale, je dois dire que vivre à l’étranger a du bon… Et du moins bon. En dehors du fait d’être une île, qui ne fait pas partie de l’Europe, l’Angleterre a bien des défauts et loin s’en faut. Si il faut citer quelque chose qui me manque de mon pays natal ; après les soirées d’étudiants au camembert/vin rouge –qui ici reviennent aussi chère qu’un resto pour les mêmes frometons- c’est bien la presse… Ici, même le journal le plus sérieux a du mal à se faire sa place au milieu des tabloïds qui se vendent par millions et ont du mal à se gérer une crédibilité et un public sans tomber dans le piège de la vente d’images inédites du couple Beckham ou autres « people » ici adulés…

En effet ici, après un an et demi passé dans le pays de la reine Elisabeth (dont on parle peu par rapport à la France), on peut dire que la presse internationale est pour le moins médiocre. Que le Royaume-Uni se soit toujours senti isolé et en ait tiré partie par le passé peut expliquer bien des choses. Mais qu’en un an et demi, après avoir lu moultes canards du plus haut standard, je n’ai jamais réussi à trouver une traduction correcte de UMP (ce qui est quand même loin d’être un grand challenge même pour les gens qui ne sont pas traducteurs). Le nom majoritairement donné : « Union for a Popular Movement », que ce soit dans des journaux de droite, gauche centre ou neutre… Cette traduction semble être LA traduction officielle… Il y a tout de même de quoi s’insurger !!!

Alors comment voulez-vous que l’on puisse s’en remettre à une quelconque opinion politique par rapport à ce qui se passe dans son pays lorsque l’on ne peut espérer ne lire un article digne de ce nom sur ce qui s’y passe qu’un samedi sur deux et encore, avec un nombre d’erreurs tels que même de doigts de pieds ajoutés à mes doigts de main ne soient pas suffisant pour les dénombrer… Alors bon… Il y a quand même sujet à énervation puisqu’à cela s’ajoute une certaine culpabilité que l’on peut ressentir de ne pouvoir s’impliquer dans la vie politique de son pays lorsque l’on est expatrié. Après tout, personne ne m’a jeté dehors à coup de pieds dans le c… Ceci dit, pour le coup, vive l’Internet qui me permet de suivre ce qui se passe un peu en France, mais la démarche me pose encore question pour ce qui est de l’ « avant-Internet »… A croire que les expat’ avaient droit de voter à l’aveuglette…

Pour en revenir au sujet de base donc, ce que l’on voit du Royaume-Uni en tous les cas, c’est déjà très flou. Déjà qu’ici, on ne parle pas souvent de ce qui se passe chez les voisins, je peux vous dire que le débat qui j’espère se déroule en France passe ici clairement inaperçu… D’autant que les articles des journaux français en ligne, ne sont guère mieux puisqu’ils ne font que relater la bataille de bac à sable entre droite et gauche… J’avoue quand même que je me faisais une meilleure idée de la France…

De plus, il est manifestement encore inconnu ici-haut qu’il ne s’agit pas d’une élection bi-partite, on n’a encore pas eu une seule allusion aux autres candidats potentiels… La seule idée que se font les anglais de l’opposante de Sarko se résume à la Une des journaux sous prétexte qu’un journaliste avait réussi à tirer le portrait de madame la candidate en bikini (je vous invite d’ailleurs à lire ce post sur la question… Très bien trouvé “Martine à la plage” !). Et oui, à moins de poser en slip de bain, le p’tit Nicolas a en effet peut de chances de profiter d’une telle promotion gratuite… Mais pour ce qui est de donner une idée de son programme, c’est un peu léger, puisque même Tony Blair, sensé être l’équivalent d’un « gauchiste » français est plus à droite que Nicolas lui-même.

Enfin ce que je trouve un peu dommage dans l’affaire est que la presse qui par définition informe, dans ce pays « déforme » et se perde dans des problèmes qui ont plus à voir avec du marketing que de l’information, de la vraie. Parce que si il est vrai que la France se noie dans une vague de chômage depuis des années, ce n’est pas simplement lié au fait qu’existent encore les syndicats… Et j’avoue qu’il est fatigant de devoir constamment expliquer que l’idéal du travail de la France va plus loin que ça… Que la culture et l’histoire d’une population, ne s’explique pas sur deux lignes entre deux photos de Madonna et autre Victoria Beckham. Et que tout modèle n’est pas applicable partout. De même, quand on constate le nombrilisme de la presse britannique, on comprend vite pourquoi les anglais sont si frileux à intégrer l’Europe puisque somme toute, ils ne voient que ce que la presse veut bien leur en montrer… c’est-à-dire, pas grand-chose.

“La France comme elle est, c’est pas plus mal que si c’était pire.” (Coluche)