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Il était une fois un espace dans lequel je dormais. Ou plutôt un contre-espace. Son exiguïté nomade m’a depuis toujours fait aimer les courbes concaves et le nomadisme en général. J’étais bien à l’abri dans mon rêve, sous le regard bienveillant bien qu’endormi des deux personnes qui avaient un jour décider  de me mettre là. Des sons s’échappent de la porte pourtant fermée. Mon rêve se fait bien vite la malle. Les rêves ne sont pas de bons protecteurs. J’ai découvert ce soir là que les papas non plus d’ailleurs. Il ouvre la porte et aussitôt après s’assied un peu brutalement à côté de moi. Le front grand ouvert. Le rouge de son sang contraste avec la clarté de ses yeux. Je remarque ça pendant qu’on nous dévalise. A la porte un barbu aux traits fins, lunettes épaisses et lèvres proéminentes met un doigt devant sa bouche pour me faire comprendre qu’il faut que je me taise. Je ne dis rien. Je regarde la figure paternelle et mes illusions tomber en miette comme dans un dessin animé dans lequel une vitre se brise. Tout se fissure et se craquèle jusqu’à ce que tout tombe d’un coup. Ramasser les miettes de cette enfance perdue. Le recyclage n’était pas encore à la mode à l’époque. Je ne t’en ai jamais voulu pourtant tu sais.